samedi 3 janvier à Bangui pour dénoncer la proclamation anticipée de victoire du candidat Anicet Georges Dologuélé à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025.
Lors d’une conférence de presse, ils ont mis en garde contre les risques que de telles déclarations font peser sur la paix et la stabilité du pays, appelant au respect scrupuleux des institutions de la République et du cadre légal en vigueur.
S’exprimant devant les journalistes, Jerick Andjipadjimo et Johnny Koisset Gonitoua ont rappelé que la République centrafricaine traverse une phase de « paix relative et de stabilité », fruit, selon eux, des efforts consentis ces dernières années et des accords de paix ayant permis de réduire les crises récurrentes.
Ils ont insisté sur le fait que le scrutin groupé du 28 décembre 2025 s’est déroulé dans le calme sur l’ensemble du territoire national, un processus qu’ils estiment avoir été globalement salué par les observateurs nationaux et internationaux.
Les deux leaders d’opinion ont fermement condamné la démarche de M. Anicet Georges Dologuélé, président de l’Union pour le Renouveau Centrafricain (URCA), qu’ils accusent de vouloir se substituer aux institutions légalement établies. « Dans un État de droit, seules l’Autorité Nationale des Élections et le Conseil constitutionnel sont habilitées à proclamer les résultats et à dire le droit électoral », ont-ils martelé, qualifiant toute auto-proclamation de victoire d’« irresponsable » et de « dangereuse pour la cohésion nationale ».Selon eux, cette initiative vise à semer la confusion au sein de l’opinion publique et à replonger le pays dans des tensions inutiles. Ils ont dénoncé ce qu’ils appellent une stratégie politique risquée, estimant qu’« il n’est plus question de sacrifier la paix et la jeunesse centrafricaine sur l’autel d’ambitions personnelles ». Les deux leaders ont également mis en garde contre toute tentative de manipulation ou de désinformation susceptible d’entraîner des troubles sociaux.Jerick Andjipadjimo et Johnny Koisset Gonitoua ont, par ailleurs, interpellé le gouvernement afin qu’il assume pleinement ses responsabilités régaliennes pour préserver l’ordre républicain et protéger les institutions. Ils ont lancé un appel solennel au peuple centrafricain à la vigilance, au calme et à la responsabilité, soulignant que « la paix est un bien précieux », que « la République est sacrée » et que « les institutions doivent être respectées ».Cette sortie médiatique fait écho au communiqué publié récemment par la direction nationale de campagne du candidat Faustin Archange Touadéra. Dans ce document, le camp présidentiel rappelle que la proclamation des résultats électoraux est strictement encadrée par la loi. Citant l’article 71 de la Constitution du 30 août 2023, il est précisé que les résultats de l’élection présidentielle sont proclamés par le Conseil constitutionnel au plus tard quinze jours après la publication provisoire par l’ANE. Le Code électoral, en son article 121, confie à l’ANE le recensement général des votes et la publication progressive des résultats provisoires.
Pour la direction de campagne du président Touadéra, « toute déclaration de victoire avant cette étape constitue une violation manifeste du cadre légal » et une atteinte au principe de neutralité du processus électoral.
Le communiqué estime qu’une telle attitude est de nature à « induire l’opinion nationale et internationale en erreur » et à fragiliser la sérénité du processus démocratique.